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Oceans North

Un nouveau rapport souligne comment l’alimentation à quai aux ports canadiens peut améliorer la compétitivité, et la qualité de l’air local en réduisant la pollution

Le 26 février 2026

HALIFAX – Un nouveau rapport souligne les avantages liés à la mise en œuvre de l’alimentation à quai pour les collectivités côtières en réduisant la pollution aérienne et les émissions de gaz à effet de serre nocives à l’échelle locale.

Le rapport, Advancing Shore Power in Canada, préparé par les conseillers de Dunsky Énergie + Climat en concert avec Oceans North, examine en profondeur les incidences liées aux navires qui font rouler leurs moteurs à quai, et présente des possibilités pour accélérer la mise en œuvre de l’alimentation à quai dans les ports canadiens, principalement les plus importants : Vancouver, Prince Rupert, Montréal, Saint John et Halifax.

Chaque année, des milliers de navires font escale dans les ports canadiens. Plus de 95% de ceux-ci laissent rouler leurs moteurs diesel pendant qu’ils sont à quai pour alimenter les systèmes, comme la réfrigération et le chauffage. La consommation de ce combustible contribue aux changements climatiques et a – particulièrement à si grande proximité des grandes agglomérations – une incidence négative sur la santé humaine, réduisant la longévité et ajoutant des coûts à notre système de soins de santé. Un gros paquebot de croisière à quai pendant 10 heures brûle autant de combustible fossile qu’il faudrait pour alimenter une petite ville de la taille de Montmagny au Québec.

L’alimentation à quai permet aux navires océaniques de se brancher au réseau électrique plutôt que de faire fonctionner leurs moteurs auxiliaires pour produire de l’électricité pendant qu’ils sont accostés. Cette technologie est utilisée depuis 25 ans, les branchements étant réglementaires en Californie, dans l’Union européenne et en Chine, et est considérée comme un moyen évolutif et efficace pour améliorer la qualité de l’air local, atténuer les incidences climatiques et réduire le recours au combustible fossile dans le secteur maritime.

Toutefois, selon une étude comparative publiée l’année dernière, qui compare les ports les plus occupés du Canada à ceux du monde, seule une faible proportion des terminaux et des quais nécessaires à l’adoption généralisée de l’alimentation à quai dans notre pays sont dotés de cette technologie. Le nouveau rapport formule des recommandations pour attirer des navires de première qualité pouvant recevoir une alimentation à quai et générer des investissements en infrastructure et en technologie qui permettront à nos ports de rester en phase avec nos partenaires commerciaux et nos concurrents.

« Les ports individuels font face à des possibilités et à des obstacles uniques quant à la question de l’expansion de l’alimentation à quai, le plus gros obstacle étant actuellement un manque de leadership fédéral », affirme Amy Nugent, directrice associée de l’action pour le climat marin d’Oceans North. « Transports Canada doit passer à l’action et mettre en place une réglementation fédérale et un financement adéquat de l’infrastructure, sans quoi les navires continueront à simplement faire rouler leurs moteurs polluants lorsqu’ils sont à quai au cœur des villes côtières canadiennes. Si rien n’est fait, les sociétés enverront leurs navires pouvant être alimentés à quai aux autres ports où les branchements sont obligatoires, et enverront leurs navires les plus polluants au Canada, où ils pourront polluer pratiquement sans conséquence. »

Cependant, cette pollution entraîne des coûts réels, particulièrement pour les résidents à proximité des grands ports.

« Résidant et travaillant dans une ville portuaire, j’encourage mes patients à profiter des avantages liés au temps passé dans la nature, y compris sur notre magnifique rivage », déclare la Dre Bethany Ricker, médecin de famille à Nanaimo, en Colombie-Britannique et coprésidente du comité de la Colombie-Britannique de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement. « Toutefois, les navires produisant de la pollution de l’air inutile dans nos ports, une promenade sur le bord de l’océan peut être nuisible, surtout pour les membres de la communauté vulnérables. Concernant mes patients qui travaillent dans l’industrie maritime, l’exposition constante aux émissions des navires est particulièrement préoccupante. Comme notre système de soins de santé est poussé à sa limite, nous devons veiller à prévenir les complications médicales et les admissions à l’hôpital avant qu’elles ne surviennent, notamment en nettoyant nos ports et en réduisant les émissions des navires à quai. »

Le rapport propose plusieurs politiques clés pour y parvenir, y compris l’exigence que tous les quais des administrations portuaires canadiennes puissent fournir l’alimentation à quai d’ici 2035, et que les gros navires océaniques soient tenus de s’y brancher. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement pourrait élaborer une stratégie fédérale d’investissement de l’électrification portuaire, qui commencerait immédiatement en fournissant aux administrations portuaires du financement pour réaliser des études détaillées de faisabilité et de conception, et collaborer avec les sociétés de services publics afin d’assurer la planification, le transport et la distribution nécessaires au raccordement.

« Selon nos recherches, l’alimentation à quai pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de près de 170 000 tonnes annuellement, plus de dix fois ce que nous avons atteint avec l’infrastructure actuelle », énonce Brendan McEwen, consultant principal chez Dunsky. En fournissant des politiques et de la certitude réglementaire, les décideurs politiques peuvent aider les planificateurs de réseau à anticiper les besoins du secteur maritime, et contribuer à accentuer le rôle de ce secteur dans la décarbonisation de notre économie et l’amélioration de la santé de nos collectivités portuaires. »

Le rapport recommande également d’intégrer l’alimentation à quai dans les travaux d’agrandissement existants et prévus lorsqu’il est possible de l’ajouter à faible coût. Par exemple, l’accroissement de la capacité de l’alimentation à quai fait déjà partie des nouveaux plans d’aménagement du terminal du port de Montréal à Contrecœur et du terminal Robert Banks 2 au port de Vancouver.

« Malgré le financement du gouvernement pour l’alimentation à quai, le coût de la nouvelle infrastructure demeure un obstacle pour les ports souhaitant mettre en œuvre cette technologie et entraîne l’interruption de tels plans dans certains ports, comme le port de Victoria (en anglais seulement) et le port de Québec », explique Brent Dancey, directeur de l’action pour le climat marin, d’Oceans North. Donnant suite au rapport, nous avons comme prochaine étape de mobiliser les gouvernements, les ports et les collectivités portuaires afin de relancer les projets d’alimentation à quai et d’explorer des solutions de financement tirant parti du Fonds pour la diversification de corridors commerciaux de cinq milliards de dollars, ainsi que de travailler avec les sociétés internationales responsables de la dégradation de la qualité de l’air dans les collectivités portuaires afin qu’elles paient leur juste part pour nettoyer le gâchis. »

Renseignements supplémentaires :

Alex Tesar
Directeur des communications 
Océans Nord 
[email protected]  

CONTEXTE

  • Des milliers de navires font escale dans les ports canadiens chaque année.
    • Plus de 3 000 navires font escale au port le plus occupé du Canada, le port de Vancouver, annuellement, y compris plus de 300 paquebots de croisière et 600 porte-conteneurs.
    • Dans l’immédiat, les paquebots de croisière et les porte-conteneurs sont ceux dont le branchement à l’alimentation à quai est le plus simple.
  • Les navires qui font rouler leurs moteurs à quai représentent une source locale majeure de pollution aérienne et d’émissions de gaz à effet de serre. Un sous-ensemble de types de navires (paquebots de croisière, porte-conteneurs, vraquiers et navires-citernes) faisant escale aux cinq ports les plus occupés du Canada est à lui seul responsable des rejets d’environ 170 000 tonnes de dioxyde de carbone, 2 600 tonnes d’oxyde d’azote, 490 tonnes de dioxyde de soufre et 70 tonnes de matière particulaire fine annuellement.
    • La circulation maritime dans les villes portuaires est une importante source de pollution diesel, laquelle est associée à de nombreuses maladies graves, comme l’asthme, les crises cardiaques et le cancer.
  • La technologie d’alimentation à quai est utilisée depuis plus de 25 ans, et les branchements à l’alimentation à quai sont obligatoires dans l’Union européenne, en Californie et en Chine. De son côté, le Canada accuse un retard par rapport à ses principaux partenaires commerciaux pour stimuler le recours à cette technologie.
    • Seules 4 des 17 administrations portuaires canadiennes utilisent des systèmes d’alimentation à quai à haute tension normalisés.
    • Moins de 5 % des paquebots de croisière et des porte-conteneurs à quai dans les ports les plus occupés du Canada éteignent leurs moteurs auxiliaires pour se brancher au réseau.
  • Dans les cinq ports évalués, l’alimentation à quai est offerte à titre de service interruptible à tarif fixe. Comme c’est le cas avec tout investissement majeur dans l’infrastructure, la mise à l’échelle de l’alimentation à quai nécessitera de la planification et de la coordination entre les sociétés de services publics, les autres utilisateurs du réseau et les ports.
  • L’accroissement prévu du commerce et du tourisme, combiné aux grands projets d’agrandissement portuaire, exacerbera les incidences négatives liées à l’utilisation de combustible fossile à quai. Les expansions majeures aux ports de Vancouver et de Montréal devraient entraîner une hausse de la circulation de porte-conteneurs de 30 % et de 60 %, respectivement.
  • Le branchement à l’alimentation à quai permettrait de réduire considérablement la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle locale. Par exemple, en Colombie-Britannique et au Québec, où le réseau électrique est propre, les navires à quai peuvent réaliser des réductions des émissions de CO2 et de polluants atmosphériques pouvant atteindre 99 %.