Imaryuk (lacs Husky) est situé dans la région désignée des Inuvialuit (RDI) dans l’ouest de l’Arctique. Les bassins d’eau salée interreliés d’Imaryuk abritent une vaste population de faune et flore terrestre et marine. Les Inuvialuit sont les gardiens de cette région d’importance culturelle depuis des siècles.

Un écosystème unique

Imaryuk signifie « grande étendue d’eau » dans la langue locale. En effet, il s’étale sur près de 2 000 kilomètres carrés, depuis le fleuve Mackenzie jusqu’à la baie Liverpool. Les cinq bassins, reliés par des canaux en forme de doigts, présentent diverses conditions de salinité qui dépendent des ruissellements d’eau douce et des intrusions d’eau salée provenant de la mer de Beaufort.

Les lacs abritent une variété d’espèces de poissons, y compris le grand corégone, l’ombre arctique, l’inconnu et une population unique de touladi qui s’est adaptée à la vie dans une eau saumâtre. Des mammifères marins comme le béluga et le phoque franchissent souvent la distance entre la mer de Beaufort et les lacs. D’ailleurs, il arrive que les bélugas y échouent lorsque les lacs gèlent à l’automne. Le grizzli, l’ours noir, le loup, le carcajou, le canard et l’oie sont d’autres espèces présentes dans la région.

Cette région est d’une grande importance sur le plan culturel et spirituel pour les habitants locaux qui l’utilisent abondamment pour chasser, pêcher, poser des pièges et se déplacer. Étant donné sa valeur, elle jouit d’un niveau élevé de protection en vertu de la Convention définitive des Inuvialuit (CDI) : l’accord de revendications territoriales entre les Inuvialuit et le gouvernement fédéral à l’origine de la RDI. Les Inuvialuit sont les uniques propriétaires de vastes superficies d’Imaryuk.

Nouvelle route, nouveaux défis

Imaryuk était une région très isolée pendant de nombreuses années, seulement accessible par attelage de chiens, motoneige, hydravion ou motoquad. Toutefois, en 2017, la construction d’une route toutes saisons reliant Inuvik et Tuktoyaktuk s’est terminée et est venue prolonger l’autoroute Dempster jusqu’à l’océan Arctique. Tandis que la route constitue un développement positif à bien des égards pour la région, elle entraîne aussi des défis liés à la conservation.

Les Inuvialuit ont anticipé qu’une meilleure accessibilité aux lacs pourrait avoir des répercussions néfastes sur les populations de poissons, l’habitat et les activités culturelles qui en dépendent. En collaboration avec le Comité mixte de gestion de la pêche (CMGP), organisme de cogestion établi en vertu de leur traité de revendications territoriales, les collectivités avoisinantes ont élaboré un plan de pêche communautaire qui fixe des limites et des restrictions volontaires aux activités de pêche. Les collectivités ont aussi demandé la création d’un programme de surveillance pour faire la promotion du plan et assurer son respect.

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Pour assurer la pêche durable du touladi et d’autres espèces, le plan de pêche communautaire fixe des restrictions volontaires aux activités de pêche.

Une approche communautaire à l’égard de la conservation

Le CMGP a collaboré avec des comités de chasseurs et de trappeurs locaux et Océans Nord pour créer le programme de surveillance d’Imaryuk. L’objectif du programme est de protéger et de conserver les pêcheries locales, les utilisations communautaires connexes et les activités culturelles à proximité de la nouvelle route et dans la nature sauvage adjacente.

Le programme de surveillance d’Imaryuk a employé six surveillants au cours de la première année de son projet pilote : tous des résidents inuvialuits de Tuktoyaktuk et d’Inuvik. Ils travaillent à temps plein et œuvrent à la sensibilisation du public, à la surveillance de la pêche et des répercussions sur les habitats des poissons et la collecte de données traditionnelles et scientifiques, tant dans les régions avoisinantes de l’autoroute que dans les lacs Husky.

Les collectivités inuvialuites appuient fortement les efforts en vue de poursuivre et de renforcer le programme dans les années à venir. Océans Nord s’engage à aider ses partenaires à atteindre leurs objectifs de conservation, d’emploi et d’exploitation des ressources fauniques durable pour les générations présentes et futures.

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Les surveillants d’Imaryuk recueillent des données et font la promotion du respect du plan de pêche communautaire.

Mon père m’amenait avec lui et nous faisions le tour du lac. Toute la journée, nous visitions les lieux de pêche que son père lui avait montrés, probablement 70 ans plus tôt. C’est ce que j’aimerais faire avec mes enfants et même mes petits-enfants.

Sammy Lennie Surveillant principal